#FightImpunity : les crimes contre les journalistes portent atteinte à votre droit à l’information. Mobilisez-vous !

A l’occasion de la deuxième édition de la « Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes », le 2 novembre 2015, Reporters sans frontières lance une campagne internationale, disponible en anglais, espagnol et français, intitulée #FightImpunity, afin de faire pression sur les autorités pour traduire en justice les responsables de crimes contre les journalistes. Ces dix dernières années, près de 800 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Plus de 90 % des crimes commis contre les journalistes ne sont jamais élucidés et donc jamais punis. Un tel niveau d’impunité constitue une sorte d’encouragement pour les auteurs d’exactions.

A travers quinze cas d’impunité – torture, disparitions, assassinats -, la campagne pointe du doigt les manquements des systèmes judiciaires et policiers. Parmi les cas mis en lumière par RSF, ceux de la journaliste mexicaine María Esther Aguilar Casimbe, disparue en novembre 2009 à l’âge de 33 ans alors qu’elle couvrait des affaires criminelles et policières, du Pakistanais Syed Saleem Shahzad, qui réalisait un travail d’investigation sur les liens entre Al-Qaïda et l’armée, et qui fut retrouvé mort en mai 2011, et du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, kidnappé en 2004 alors qu’il enquêtait sur les malversations dans la filière cacao et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Dans tous ces cas, comme dans tant d’autres, les procédures officielles pour élucider les affaires ont été inexistantes ou largement insuffisantes.

La campagne se décline autour d’un site internet et d’un hashtag #FightImpunity. Parce que les crimes commis contre les journalistes sont l’affaire de tous, le site offre aux internautes la possibilité d’agir à titre personnel en s’adressant directement par email ou tweet aux chefs d’Etat ou de gouvernement des pays concernés. Grâce à un dispositif interactif, il est proposé au grand public d’envoyer des courriers circonstanciés pour demander directement aux autorités que justice soit faite.

La « Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes » a été instaurée par l’Assemblée générale de l’ONU, en hommage aux deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés au Mali le 2 novembre 2013. Coparrainée par une cinquantaine de pays, dont la France, la résolution a été adoptée par un comité chargé des droits de l’homme. Elle « demande instamment aux pays membres de faire le maximum pour prévenir la violence contre les journalistes et le personnel des médias» d’enquêter rapidement sur toutes les accusations de violence et de traduire en justice les responsables.